L'équilibre entre les besoins spirituels et matériels dans le Coran
Par : A. M. Dr. Samir Abd Hassan
La question de l'équilibre est profonde dans le tissu du Coran sacré, de sorte que nous la voyons prendre plusieurs directions, emprunter plusieurs chemins et revêtir plusieurs formes. Nous verrons cela clairement à travers notre exploration de certains versets de ce grand livre. Voici l'un des versets qui parle explicitement de (la beauté), ordonnant aux enfants d'Adam de la pratiquer dans toute son ampleur. Et où cette pratique se déroule-t-elle ? À chaque mosquée de Dieu, où l'homme réalise le but de son expérience dans le détachement et le désengagement des ornements de la vie mondaine, en disant : (Ô enfants d'Adam, prenez votre beauté à chaque mosquée) ; cela est suivi d'un appel explicite à manger et à boire, à condition que cela ne dépasse pas les limites de l'excès, en disant : (Et mangez et buvez, mais ne gaspillez pas, car Il n'aime pas les gaspilleurs) (Al-A'raf 31). Ensuite, le verset suivant ne tarde pas à poser une question sous une forme d'indignation claire : (Dis : Qui a interdit la beauté de Dieu qu'Il a produite pour Ses serviteurs et les bonnes choses du rizq ? Dis : Elles sont pour ceux qui croient dans cette vie, pures au jour de la résurrection) (Al-A'raf 32).
Ainsi, ce qui est interdit et rejeté dans l'islam est la débauche, quelle que soit sa source, qu'elle soit corporelle ou spirituelle, et il n'y a pas de rejet, d'interdiction ou de mépris dirigé d'emblée vers le corps en tant que corps, et vers ses instincts et besoins en tant qu'instincts et besoins qui se dressent sur le chemin de l'esprit.
Bien que nous lisions dans le verset qui suit, sa déclaration : (Dis : Mon Seigneur n'a interdit que les turpitudes, tant celles qui apparaissent que celles qui sont cachées, et le péché et l'injustice sans droit, et que vous associiez à Dieu ce dont Il n'a pas fait descendre de preuve, et que vous disiez sur Dieu ce que vous ne savez pas) (Al-A'raf 33), et combien de versets dénoncent certains adeptes des religions déviantes antérieures pour avoir interdit beaucoup de bonnes choses qu'Allah a permises. Combien de versets appellent l'homme à profiter des bonnes choses sans excès ni négligence, en disant : (Tout aliment était permis aux enfants d'Israël, sauf ce qu'Israël s'est interdit à lui-même) (Al-Imran 93), (Dis : Amenez vos témoins qui témoignent qu'Allah a interdit cela) (Al-An'am 150), (Si Allah avait voulu, nous n'aurions pas associé, ni nos pères, ni interdit quoi que ce soit) (Al-An'am 148), vous voyez que le dernier verset place l'interdiction arbitraire à côté de l'association à Dieu.
Plus encore, nous trouvons dans le verset qui dit : (À cause de l'injustice de ceux qui se sont judaïsés, Nous leur avons interdit les bonnes choses qui leur étaient permises) (An-Nisa 160), que réprimer certains aspects de l'instinct ou limiter sa satisfaction, qui repose sur la nécessité de la diversité, est considéré comme une (punition) et non comme une règle de la religion, au contraire, l'une des plus grandes évidences religieuses que nous apprenons du Coran sacré est que le licite est la règle générale dans le domaine de la satisfaction instinctive, que ce soit en matière de nourriture, de boisson ou de sexe, et que l'interdiction est une question exceptionnelle et limitée, restreinte, au point que le Coran considère son élargissement de manière arbitraire comme une mécréance et un mensonge contre Allah : (Et ils ont interdit ce qu'Allah leur a donné en subsistance, mentant contre Allah) (Al-An'am 140), (Et ne dites pas de ce que vos langues qualifient de mensonge : Ceci est licite et ceci est illicite) (An-Nahl 116) et met en garde les croyants contre ce comportement déviant qui s'oppose à la nature de la composition humaine que Dieu a façonnée et qu'Il connaît mieux : (Ô vous qui croyez, ne rendez pas illicites les bonnes choses qu'Allah vous a permises) (Al-Ma'idah 87), (Ô Prophète, pourquoi interdis-tu ce qu'Allah t'a permis ?) (At-Tahrim 1), et Il leur montre que l'une des missions fondamentales des prophètes est de toujours revenir pour remettre les choses à leur place.
Ils viennent pour ouvrir à nouveau la large voie devant ses exigences afin que l'homme croyant puisse avancer vers ses objectifs spirituels sans que les nécessités ne l'entravent : (Et Je permets pour vous une partie de ce qui vous a été interdit) (Al-Imran 50), (Et Il leur permet les bonnes choses et leur interdit les mauvaises) (Al-A'raf 157), et il y a un appel que le Coran lance aux enfants d'Adam à de nombreux endroits : (Mangez de ce qui est sur terre, licite et pur) (Al-Baqarah 168), ce qui nous conduit à une autre évidence, à savoir qu'Allah, qu'Il soit exalté, tant qu'Il a soumis la terre pour nous en harmonie avec notre rôle dans le monde, il serait d'une contradiction flagrante, absolument rejetée dans l'islam, que l'homme soit créé par Allah d'une certaine manière, et que la terre soit soumise par la volonté d'Allah pour répondre aux exigences de cette composition, puis que les religions venant aussi d'Allah viennent établir des barrières et mettre des fils barbelés entre les exigences de la composition humaine et les biens de la terre et ses bénéfices qui lui sont soumis.
Et puisque c'est ainsi : tant qu'il n'y a pas de vie islamique au sens propre du terme si cet équilibre juste entre les deux pôles de la composition humaine n'est pas réalisé, mais dans le tissu de la composition humaine, de manière plus précise, et tant qu'il a été voulu que l'expérience islamique se déplace sur le terrain de la réalité et façonne un homme équilibré capable d'agir, de changer et de se mouvoir sans être en crise, déviant ou réprimé, il est impératif d'avoir des méthodes de science, des vérités et des applications pour mettre en œuvre cette (vision) d'équilibre que nous ne trouvons dans aucune autre doctrine ou croyance dans le monde avec ce degré de planification, d'universalité et d'engagement ...



